Les conseils de la FAN

Trois questions à la FAN

Plusieurs personnes font partie du comité d'organisation et du jury du concours Konbit Rebwazman, avec des compétences différentes. Parmis eux, la Fédération des Amis de la Nature (FAN), qui vous propose une réflexion pour bien mettre en place votre projet de reboisement. 
 
FAN
 
1) OÙ TROUVER LES PLANTULES ?
La production de plantules doit être faite d'une manière constante et systématique, non loin des zones à reboiser pour éviter trop de transports et de manipulation qui sont sources de destruction. La production de plantules permanente peut garantir des  emplois stables en milieu rural et nécessite un apport de professionnels pour déterminer les différentes espèces à reproduire selon l'altitude, le type de sol, la pluviométrie et le  maintien de la diversité biologique en ne négligeant pas la flore endémique au profit des variétés importées. Malheureusement, notre pays n'a pas assez de pépinières ni de centres  de productions de semences.

2) 
 PLANTER CES PLANTULES ?
A présent, il va falloir décider sur les terres de qui on va fouiller des petits trous pour mettre en terre tous ces plants. Le propriétaire est il d'accord ? Cette terre a-t-elle d'ailleurs un ou plusieurs propriétaires  précis ? Est-ce une terre en indivis, en métayage (de moitié), en fermage de l'Etat etc. Est-ce un terrain plat ou a forte pente ? Y a-t-il de l'eau à proximité pour arroser ? Est-ce une zone agricole, pastorale, urbaine ou  protégée ? La problématique de l'aménagement du territoire, du cadastre, du zonage, de la réforme foncière ou de la réforme agraire se fait alors sentir sur le choix du lieu. Sans oublier le défi de la conservation et de la gestion de l'eau en milieu rural en général, et à la montagne en particulier.

 3) QUI S'OCCUPE DES PLANTULES ?
Le grand drame Haïtien va à présent se poser : LE MANQUE DE SUIVI. Des plantules mises en terre sont comme des petits bébés au berceau. Qui va les arroser quand il le faut, régulièrement et surtout en période de sécheresse quand l'eau est rare et nécessite un transport lointain, fatiguant et coûteux ? Qui va les protéger des ruminants (cabris, boeufs, moutons) ? Qui va retirer régulièrement les  broussailles étouffantes et autres parasites ? Qui va éviter que d'autres êtres humains ne les arrachent du sol pour les remplacer par des cultures maraîchères (mais, pois, petil-mil etc) à rendement plus rapide ou ne les fassent simplement disparaître par le feu lors de séances de brûlis périodiques pour préparer la terre à d'autres activités agricoles. Il faut du temps pour que les plantules deviennent adultes, indépendantes et rentables. C'est une opération à moyen et long terme. Or la situation de survie dans laquelle se trouve la majorité de la population justifie le besoin de rendement à court terme.

Ces activités de  suivi et de protection sont également sources d'emplois stables en milieu rural. Un vrai développement local ou national passe par la création d'activités économiques durables. Un paysan ne devant pas être nécessairement un agriculteur.
 
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